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On a chuchoté social media avec Thomas Nirschl, Directeur marketing numérique au Monde. Pour lui, qui supervise la stratégie numérique du groupe, les relations entre réseaux sociaux et médias se construisent sur la pointe des pieds, dans une certaine prudence, à coup de « tu veux ou tu veux pas ». Dans un contexte de transition digitale de la presse, pas toujours facile donc de faire les yeux doux aux géants de l’Internet, qu’il s’agisse de Facebook ou même de Google. Connexion.

Nota Bene : Le groupe Le Monde comprend Le Monde, Courrier International, Télérama, le groupe l’Obs avec Rue 89 et Huffington Post, ainsi que des cousins proches, Sciences et Avenir et Challenge.

Les réseaux sociaux, ça sert à quoi pour un média ?

Thomas Nirschl : Cela diffère selon que l’on travaille pour Le Monde ou pour L’Obs.
Pour l’Obs, le Community Manager doit savoir bien positionner le curseur entre ramener de l’audience sur le site essentiellement via Facebook, sans pour autant rebuter les fans de la page, et tout en postant des sujets au potentiel de clic élevé, comme des sujets chauds ou des breaking news.
Pour Le Monde, qui a plusieurs pages en fonction des grandes thématiques, la stratégie est relativement semblable, mais le curseur est plus du côté de l’animation de la communauté, plutôt que sur la fonction de passerelle des réseaux sociaux. C’est pourquoi Le Monde a plus de followers, mais proportionnellement moins de trafic vers le site.
Précisons que les communautés ne sont pas les mêmes : la page Facebook du Monde, c’est 4 millions de fans, mais beaucoup sont étrangers, et le public est beaucoup plus large que pour un newsmag comme l’Obs.

Réseaux sociaux et médias, des amis ?

Thomas Nirschl :Je dirai que nous sommes dans une relation où chacun cherche à garder les visiteurs sur son site. Pour atteindre cet objectif, Facebook a lancé Instant Articles. De mon côté, en tant que directeur marketing, mon objectif est de faire venir les internautes sur nos supports, afin de maximiser la connaissance de nos lecteurs pour leur proposer les meilleures offres d’abonnement. Au sein du groupe Le Monde, nous avons donc fait le choix de ne pas aller sur Instant Articles, car nous voulons garder le contrôle de nos contenus et de nos datas.

D’autant que la presse est confrontée à un problème de transformation vers le numérique. Les Internautes se sont habitués à ne pas payer pour avoir de l’information. En mettant le pied dans cette nouvelle plateforme, nous risquerions de nous faire ubériser. En même temps, puisque les usages font que les gens passent de plus en plus de temps sur les réseaux sociaux, nous nous devons également d’être présents, mais jusqu’à un certain point. C’est peut-être reculer pour mieux sauter. Nous verrons bien.

Alors Facebook, une petite passerelle ou une grande passerelle ?

Thomas Nirschl : Heureusement pour nous, la moitié de nos visiteurs viennent directement sur la page d’accueil. Pour Le Monde, le SEO représente environ 35 % du trafic et les réseaux sociaux 15 %. Pour l’Obs, nous sommes plutôt dans 30 % de SEO et 30 % de réseaux sociaux.

Pour Le Monde, notre stratégie fonctionne, puisque nous sommes les premiers en termes d’abonnements clients. Le journal bénéficie d’une notoriété et d’une crédibilité. Et pour trouver une information de confiance, les gens viennent chez nous, notamment en période de crise. Nous avons une crédibilité à conserver, c’est pourquoi nous ne sommes pas les premiers à sortir une information, car nous préférons la vérifier avant et apporter le savoir-faire des journalistes du quotidien.

 

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Aurore BISICCHIA

Editrice - Rédactrice Web
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