La désinformation est un des sujets qui fait de l’ombre au géant Facebook et discrédite son image auprès des utilisateurs. Après un long silence sur la question, Facebook a donc pris ses bonnes résolutions 2018 : lutter contre le fléau des fake news en mettant davantage en avant les contenus utilisateurs, au détriment des contenus médias et entreprises. Mais, à écarter les médias, ne prend-on pas le risque de l’effet inverse, alerte la Columbia Journalism Review ?  

 

Lutter contre les fake news semble être le mot d’ordre de cette rentrée 2018 pour le 1er réseau social. Mais comment l’entreprise compte-t-elle s’y prendre ? En encourageant d’une part les utilisateurs à voter pour trier les médias diffusant les bonnes informations des fausses et en écartant d’autre part les posts médias au profit des posts utilisateurs.

« Nous avons décidé que la méthode la plus objective était de demander à la communauté de déterminer quelles sources étaient les plus fiables », a déclaré Mark Zuckerberg le 19 janvier dernier.

Faut-il vraiment faire confiance aux utilisateurs ?

 

Les premiers sondages font déjà leur apparition outre Atlantique. Et les premières critiques aussi, à l’instar de Buzzfeed par exemple, mettant en doute la capacité des utilisateurs à prendre les décisions objectives, sachant que ce sont ces mêmes personnes qui ont participé à la propagation des fake news. Autre critique, cette fois-ci de la Columbia Journalism Review qui soutient dans cet article qu’encourager la conversation et susciter les réactions va surtout profiter aux sites de fausses informations : « les fausses nouvelles n’ont pas à coller aux faits réels, et elles n’ont pas à faire d’efforts pour être équilibrées ou objectives, ce qui signifie qu’elles sont plus susceptibles d’enflammer les passions. Les vraies nouvelles sont compliquées et ennuyeuses. »

 

Bref, donner plus de voix aux utilisateurs, est-ce vraiment le bon parti pris ? Pour l’heure, les médias n’apprécient clairement pas ces mesures, qui leur font perdre une audience notable, beaucoup assurant une grande part de leur trafic grâce à Facebook, Buzzfeed faisant partie des premiers concernés.

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