Philippe Lacroix

Comment vit-on le digital quand on travaille dans le digital, qui plus est dans la formation digitale ? Nous avons échangé avec un entrepreneur qui connaît internet depuis ses balbutiements et qui ne l’a jamais quitté. Loin des clichés, Philippe Lacroix, fondateur du cabinet IL&DI conseil, spécialisé en digital learning, nous invite avec sagesse à explorer le web, tout en gardant un pied sur Terre.   

Quel est le quotidien d’un spécialiste du digital learning ?

Philippe Lacroix : Ma journée commence presque toujours par de la veille. Le secteur du digital learning est très dynamique. Nous menons une activité de conseil chez IL&DI qui nous oblige à rester en éveil. Nous recevons beaucoup de demandes, et nous sommes sélectifs, nous avons une forte appétence pour les missions challengeantes, où la réussite n’est pas assurée : dans la formation professionnelle, la transformation digitale rencontre souvent des résistances internes. Nous organisons par ailleurs plusieurs événements par an, Digital Learning Day, LearnInnov ou encore dernièrement, Neurolearning Day. La préparation de ces événements se fait très en amont, notamment parce que nous invitons de nombreux intervenants. Cela nécessite l’entretien d’un réseau pour lequel je privilégie les rencontres réelles, les déplacements dans d’autres événements. Mes journées sont bien remplies !

Quels sont vos outils fétiches du digital ?

P. L. : Je suis un inconditionnel de Slack. Je trouve l’outil utile même s’il n’est pas parfait. Il me permet d’organiser les différentes activités de notre cabinet de conseil tout en entretenant un échange simple et rapide avec nos partenaires et notre réseau en général. C’est un très bon outil collaboratif. Je passe également pas mal de temps sur LinkedIn, mais je n’en suis pas totalement fan, même si c’est un incontournable. Les fonctionnalités ne sont pas toujours faciles à appréhender, à mon sens, ce n’est pas un produit totalement fini, il manque tout simplement d’efficacité.

C’est quoi votre lifestyle digital ? Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout ?

P. L. : Ce que j’aime sur la toile, c’est picorer un contenu de qualité, par exemple sur Twitter que je trouve être la plateforme la plus intéressante en la matière. Mais je ne suis pas un compulsif du digital. Par exemple, je n’utilise pas les réseaux pour y raconter ma vie. Je me sers uniquement des outils qui me paraissent intéressants d’un point de vue professionnel. Et sinon, pour trouver de vrais sujets de fonds et aller plus en profondeur, je m’équipe de ma liseuse et plonge dans la lecture, avec Koober par exemple. La plateforme qui propose des résumés d’ouvrages me semble bien plus pertinente que les trois ou quatre sources très identiques en termes de contenu qui remontent en première page de Google.

Votre premier site web, c’était quoi, c’était quand ?

P. L. : C’était en 1980, c’était le web avant le web, c’était Google avant le portail Yahoo et ça s’appelait Compuserve. C’était une incroyable découverte à l’époque. On y trouvait une multitude d’informations, des partages de documents sur tous les sujets, des forums. En fait c’était un peu le minitel, avant le minitel !

La prochaine étape dans votre vie digitale, elle ressemblera à quoi ?

P. L. : Je m’intéresse depuis longtemps à la vidéo et j’aimerais trouver un moyen de l’intégrer plus largement dans nos supports de communication. Je trouve ce média très intéressant dans la communication interne, pour remplacer un mail par exemple. La vidéo permet d’être plus proche de son interlocuteur, de mettre en place une connivence qui est moins présente via les autres médias. J’ai récemment participé à la réalisation d’un module de formation pour un Master sur les compétences socio émotionnelles et j’ai été très surpris de constater que les étudiants qui sont très à l’aise avec le digital à titre personnel ne savent pas forcément mettre à profit cette aisance à titre professionnel. Nous leur avons proposé d’utiliser la vidéo pour des restitutions personnelles et ils n’ont pas été emballés, pourtant, il est possible d’être très créatif avec la vidéo !

Portrait :

Philippe Lacroix a cofondé avec Philippe Gil le cabinet IL&DI conseil. Pionniers dans les stratégies digital learning, ils accompagnent les entreprises dans la transformation digitale de la formation. Ils sont également les créateurs de la Digital Learning Academy, un espace pédagogique de veille et création de contenu à forte valeur ajoutée sur l’innovation en formation, à destination de tous les professionnels du secteur. Ils ont coécrit en 2016 avec Nadia Medjad un ouvrage devenu référence en matière de neurosciences et formation Neurolearning, les neurosciences au service de la formation.

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