Les mots « Intelligence Artificielle » sont dans toutes les bouches ou presque. Le sujet se retrouve même en Une des journaux et au Sénat. C’est dire. S’il fait peur à beaucoup, d’autres s’agacent d’y voir un abus de langage, mettant en avant le côté science-fiction, plus que la réalité mathématique de la chose. C’est l’occasion pour nous de faire le point sur ces deux mots qui font débat. Réflexions.

Ce que le commun des mortels entend quand on parle d’Intelligence Artificielle

Entre Matrix, Terminator, I Robot et même le film bien nommé IA, le cinéma américain a d’ores et déjà biaisé notre façon de voir cette technologie au nom futuriste. Ces dystopies dépeignent à chaque fois (ou presque) un monde où la machine prend le dessus sur l’homme et relègue ce dernier au rang de bétail. Du coup, forcément, quand vous parlez d’Intelligence Artificielle, tout le monde se dit que le développement de cette technologie va signer la fin du monde ou presque. D’autres s’enthousiasment encore parce qu’ils pensent que nous en sommes déjà à créer des Intelligences Artificielles fortes, avec la réplique d’un Schwarzi prêt à scander à qui veut l’entendre « Hasta la vista, Baby » (NDLR : réplique du film assez culte).

On vous rassure, les robots ne sont pas encore capables de penser par eux-mêmes. Ils ne sont pas encore prêts à envahir la planète et la technologie d’aujourd’hui, celle qui se base sur cette Intelligence Artificielle ne prend pas toujours comme modèle le cinéma américain, bien au contraire.

Ce que la technologie peut vraiment faire aujourd’hui et le jour d’après

Alors au final, il faut entendre quoi quand on entend parler d’Intelligence Artificielle, s’il ne s’agit pas de parler de robot intelligent ? En réalité, l’intelligence dite artificielle n’est « que » simulée. C’est parce que des architectes logiciels et autres informaticiens ont préétabli des scénarios que la machine est capable de suivre ces scénarios. Elle n’est pas en mesure de penser par elle-même ou encore de ressentir des émotions. Elle n’a pas conscience d’elle-même. Tout ce qu’elle fait, revient plutôt à du calcul savant et à des équations. Dès que vous sortez de l’équation et de ses variables, la machine ne sait plus quoi répondre.

Qelles sont alors les sociétés qui utilisent et développent l’Intelligence Artificielle aujourd’hui ? Citons Woonoz, cette pépite de la FrenchTech Lyonnaise, qui utilise l’Intelligence Artificielle dans le domaine de la formation digitale. L’algorithme créé au sein de l’entreprise permet de développer des solutions personnalisées de formation professionnelle. On rentre avec eux dans une nouvelle notion passionnante, l’Adaptive Learning.

D’autres encore, comme EA4T, utilisent des algorithmes et autres calculs savants pour créer des bots conversationnels vocaux experts, spécialisés dans des métiers.

Les voitures autonomes, qui représentent certainement le futur de l’automobile, se basent également sur cette technologie. L’idée pour elles est d’anticiper tous les comportements en fonction des situations possibles. L’accélération, le freinage, le dépassement sur autoroute sont déjà des fonctionnalités intégrées. Toutefois, la gestion des accidents et des scénarios à suivre en cas d’accident ou possible accident pose encore des problèmes. On a pu le voir malheureusement récemment avec l’accident mortel causé par une voiture autonome Uber en test qui a renversé une vélocycliste.

En médecine, l’Intelligence Artificielle pourrait servir à poser des diagnostics. L’idée est de faire apprendre à la machine à quoi ressemblent par exemple les examens d’une personne souffrant de telle ou telle maladie. Dès lors, dès que vos résultats d’analyses sont entrés dans la machine, cette dernière est capable de proposer un diagnostic, en fonction de ce qu’on lui a appris. La Société Française de Radiologie réfléchit déjà à la question.

Les exemples sont encore nombreux, mais restent de l’ordre de l’algorithme, de la gestion des données statistiques et de l’analyse de ces dernières. Point de soulèvement des machines pour l’instant donc.

Ce que pourrait devenir l’Intelligence Artificielle demain

C’est en réalité l’avenir de l’Intelligence Artificielle qui pose problème. D’une part, elle amène un vrai souci dans la gestion des données. Effectivement, les algorithmes ont besoin de data en masse pour fonctionner au mieux bien souvent. C’est Laurent Alexandre qui ne cesse d’agiter un chiffon rouge à ce sujet, s’inquiétant des nombreuses données livrées à Google, Amazon, Apple et Facebook par exemple. Il s’agit ici d’un souci de gouvernance informatique et du pouvoir acquis grâce à ces données. Les différents scandales qui entachent Facebook en ce moment ont tendance à donner raison aux alarmistes de l’IA. Pour rappel, il est notamment reproché à Facebook d’avoir influencé les votes des Américains lors des dernières élections qui ont vu l’avènement de Donald Trump.

D’autre part, d’autres s’inquiètent de l’Intelligence Artificielle de demain, à l’image de Stephen Hawking avant son décès il y a quelques semaines, d’Elon Musk ou encore de Bill Gates. Ces derniers souhaitent en effet poser dès à présent les jalons d’une Intelligence Artificielle forte, celle où le robot serait capable de développer une véritable intelligence autonome. D’où la lettre ouverte qu’ils ont envoyée aux Nations Unies en août dernier. Face au développement de la technologie, ces derniers pensent qu’il est important d’agir en amont, et de faire en sorte de placer dès à présent des interdits. L’idée, c’est de déjouer les scénarios à la Terminator et de faire en sorte que les machines ne puissent pas tuer des humains demain. C’est vrai que cela serait tout de même mieux.

Intelligence Artificielle et transhumanisme, le débat

Dès lors, au-delà des problèmes de sécurité et de gouvernance, l’Intelligence Artificielle fait également polémique d’une tout autre façon. Le mot « transhumanisme » se pose de plus en plus sur les bouches des scientifiques et des séries Netflix comme Altered Carbon qui viennent illustrer, à grands coups de communication, l’avenir de l’être humain, façon machine. Car l’idée, pour certains, est de rendre l’homme immortel ou presque grâce à la technologie. Utopie pour certains, doux rêves pour d’autres ou encore grands cauchemars pour beaucoup. Quoi qu’il en soit, l’avancée de la robotique, de la génétique et de l’Intelligence Artificielle laisse penser qu’un jour, cela pourrait être possible. Il faut dire que même le grand Google s’intéresse au sujet avec sa filiale Calico. L’idée de trouver comment allonger la durée de vie des êtres humains est en effet l’objectif premier de la société. Au-delà des avancées technologiques, le transhumanisme soulève bien évidemment des questions de l’ordre spirituel et éthique. L’Homme est-il seulement fait pour vivre une éternité ? N’est pas Duncan Macleod qui veut. Ou encore, comme le chantait très bien Freddy Mercury avec Queen : Who Wants To Live Forever ?

Vous l’aurez compris, l’Intelligence Artificielle est un sujet passionnant, qui fait couler de l’encre et se multiplier les pages web. Si les mots eux-mêmes ont tendance à porter un double sens, faisant se mêler réalité et fiction, ils posent également des questions d’importance pour l’avenir des pays, de la technologie et de l’Homme tout simplement. Une technologie à suivre donc qui va certainement bouleverser nos usages, comme d’autres technologies l’ont fait avant.

 

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